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Psycho-Oncologie

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 ARTICLE VOL 3/1 - 2009  - pp.19-23  - doi:10.1007/s11839-009-0115-3
TITRE
Les cancers entre hier et aujourd’hui: de la colonisation à la régression. Le point en Algérie

TITLE
Cancers between yesterday and today: from colonisation to regression (an overview in Algeria)

RÉSUMÉ

La perception du cancer en Algérie est ici interprétée par le même observateur sur une période allant de la période coloniale jusqu’à la période actuelle.

L’auteur distingue quatre périodes: la période coloniale, avec comme référence la date de l’inauguration du centre anticancéreux d’Algérie: c’est l’occasion de classer les différentes ethnies qui peuplaient alors le pays et de rappeler leurs espérances de vie respectives: on y relève de grosses différences entre européens et indigènes, mais l’explication de ce constat n’est pas très convaincante, pas plus que ne le sont les différentes théories relatives à la prévalence de tel ou tel cancer vu par le système colonial.

La perception du cancer par les indigènes eux-mêmes se réfère à des notions de différences anthropologiques où les interdits religieux sont mis en avant pour expliquer la maladie.

La deuxième grande période, qualifiée de « chimérique », est la période postindépendance immédiate, faite d’euphorie anesthésiante, de narcissisme et de solides convictions quant à l’immunité que les algériens auraient par rapport aux grandes maladies et notamment le cancer. Cette période est suivie d’une troisième où la « libération » est à son rythme de croisière: le dirigisme du pouvoir politique impliquait notamment le clientélisme qu’on retrouve dans la pratique médicale. La perception par rapport à certaines localisations du cancer au niveau d’organes hautement symboliques (menaçant la féminité ou la virilité) est ici rappelée, tant dans ses traits universels que dans ses aspects plus spécifiques. Le préjugé de l’invulnérabilité des chefs est battu en brèche quand le cancer a « osé » frapper le président Boumedienne lui-même: ce fut un énorme choc émotionnel accompagné d’hystérie collective sans précédent ! Enfin, il y eu de profonds bouleversements idéologiques, avec la « révolution islamique » iranienne et surtout l’activisme religieux wahabite directement ou indirectement encouragé par ses sponsors anglo-saxons qui ont progressivement poussé les pays sous leur influence vers des pratiques charlatanesques (saignées, fumigations, exorcisme) parrainées par des « savants religieux», télécoranistes très en vogue. Cette dérive est encouragée aux plus hauts niveaux des institutions et le danger est patent en ce sens que ce retour à des pratiques archaïques concurrence fortement les différentes thérapeutiques que l’arsenal moderne met à la disposition des cancéreux.

Conclusion: Ce survol dans le temps concernant une population inscrite dans les traditions de la civilisation arabomusulmanes nous montre une perception du cancer formatée à l’aune du colonialisme confortée par « un complexe du colonisé » qu’ on retrouvera à la « libération ». Lié à une religion révélée, qu’on ne discute pas, la mentalité des soignants et des soignés s’agrippe de plus en plus difficilement à la tradition galéno-hippocratique, qui-elle-se discute, et qui a imprégné jadis la civilisation arabo-musulmane.



ABSTRACT

The perception of cancer in Algeria is here described by a single observer over a period running from the colonial era to the present day.

The author identifies four distinct periods: first, the colonial period, considered as having started with the inauguration of the Algerian cancer institute. This was an opportunity to classify the different ethnic components of the country’s population at that time and to bring to mind their respective life expectancies. Significant differences between European and indigenous inhabitants are noted in this respect, but neither the explanation of this statement nor the different theories linked to the prevalence of various cancers as seen by the colonial establishment are convincing.

Perceptions of cancer held by the natives themselves refer to anthropological differences, whereby religious taboos are indicated as explaining the disease.

The second, so-called “utopian” period, is the period immediately following independence, steeped in anaesthetising euphoria, narcissism and convictions concerning the immunity of Algerians with respect to serious diseases in general and cancer in particular. Following this, the “liberation” period involved state intervention with clientelism appearing even in relation to medical practice. Here the author discusses perceptions relative to cancers located in highly symbolic organs (threatening either femininity or virility), with respect to both its universal and specific aspects. The belief that leaders must be invulnerable was severely shaken when cancer “dared” to strike President Boumedienne himself: this came as a huge emotional shock and resulted in unprecedented scenes of collective hysteria. Finally came a period of ideological upheaval caused by the Iranian “Islamic revolution” and, above all, Wahabit religious activism, directly or indirectly supported by its American sponsors, who gradually pushed countries over which they had influence into Charlatanistic practices such as blood-letting, exorcism, fumigation, which were promoted by “religious scientists” and fashionable telekoranists. This regressive trend is encouraged at the highest levels and the danger is that a return to these archaic practices is in direct competition with the various modern therapies available for cancer management.

Conclusion: This chronological overview of a population steeped in arabo-islamic tradition reveals a perception of cancer formatted by colonisation and reinforced by the “colonial complex” that remained even after independence had been achieved. Now linked to a rediscovered religion, that is not up for discussion, the mentality of both patient and physician clings ever more tenuously to the galenohippocratic tradition, which is something that can be debated and which once permeated arabo-islamic civilization.



AUTEUR(S)
M. MAAOUI

MOTS-CLÉS
Cancer, Image, Colonialisme, Independance, Indigènes, Civilisation, Charlatanisme

KEYWORDS
Cancer, Perception, Colonialism, Independence, Indigenous population, Civilization, Charlatanism

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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